(Ceci constitue la troisième partie d’un dossier. Au bas de cet article, vous trouverez le renvoi aux autres parties.)
Le second continent où la Chine est de plus en plus à l’avant-plan est l’Amérique latine. La Chine est le principal partenaire commercial du Brésil, un acheteur important du cuivre chilien et un investisseur dans les champs pétroliers vénézuéliens, maintenant que le président Chavez a nationalisé divers groupes pétroliers occidentaux. Quand le gouvernement de l’Équateur a connu des problèmes de liquidités à la mi-2009, la Chine lui a accordé un prêt bon marché d’un milliard de dollars. Elle a également proposé la construction d’une centrale hydroélectrique de 1,5 gigawatts pour le prix de 2 milliards de dollars, financé à 90 pour cent par les Chinois eux-mêmes. Le consortium pétrolier chinois Andes Petroleum est devenu un très gros investisseur dans le pétrole équatorien quand le président Correa a forcé les sociétés occidentales à renégocier leurs concessions avant qu’elles ne comprissent que, pour elles, l’affaire était terminée pour de bon.
Le commerce entre la Chine et l’Amérique latine s’est mutliplié par quatorze depuis 2000 et, l’an dernier (2008), il portait sur un montant de 143 milliards de dollars. Comme à propos du commerce sino-africain, The Economist est bien forcé d’admettre que le commerce entre la Chine et l’Amérique latine est aussi une bonne affaire pour la population. The Economist écrit : « Une série de rapports de la Banque mondiale, de la banque interaméricaine de développement et de l’OCDE concluent que l’apparition de la Chine sur la scène latino-américaine est une bénédiction pour l’Amérique latine. Le rapport le plus récent, celui de la Banque mondiale, a découvert bien des preuves de ce que la demande chinoise stimule les exportations de l’Amérique latine, mais peu d’indications de ce que les exportations chinoises entraveraient celles de l’Amérique latine vers d’autres marchés. »
Le Financial Times ajoute : « Dans le temps, le Brésil aurait été touché par la crise aux États-Unis. Mais, cette année (2009), l’économie du Brésil va croître. Quinze années de politique économique saine y ont contribué, mais ce n’est pas un hasard si, cette année, la Chine est devenue le principal partenaire commercial du Brésil. On voit d’ailleurs le même phénomène en Afrique du Sud. »
La collaboration entre la Chine et l’Amérique latine amène la croissance économique et, partant, la possibilité d’un développement social. Mais il y a d’autres retombées positives encore.
L’aide de la Chine aux quatre pays les plus progressistes – Cuba, le Venezuela, l’Équateur et la Bolivie – et son commerce avec ces mêmes pays les aident à se maintenir et à ignorer Washington.
Sous l’influence de la Chine, le Brésil – de loin le plus grand pays de l’Amérique latine – est en mesure de reprendre le rôle de moteur de tout le continent. Cela permettra aux pays latino-américains de s’unir mieux et plus solidement. Un large front uni apparaît qui sera bien plus puissant que la seule force, naguère, de chaque pays considéré individuellement. Ainsi, le 23 mai 2008, l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l’Équateur, la Guyane, le Paraguay, le Pérou, le Suriname, l’Uruguay et le Venezuela ont annoncé la naissance de l’Union des nations sud-américaines, Unasur. Le siège d’Unasur se trouve en Équateur, le parlement en Bolivie et la Banque du Sud, la banque d’Unasur, au Venezuela.
La BBC faisait remarquer : « Les dirigeants de douze pays sud-américains ont créé un lien de collaboration régional dans le but de faciliter leur intégration économique et politique. » Une semaine après cet heureux événement, le président brésilien Lula da Silva disait que l’Amérique latine, dans le giron d’Unasur, allait créer une monnaie commune afin que l’intégration se déroule plus aisément encore. « Nous devons non seulement avoir une banque nationale commune, mais aussi une monnaie commune », a également déclaré le président.
Cet article a été rédigé par Peter Franssen, rédacteur de www.infochina.be, le 9 décembre 2009. Il constitue la troisième partie du dossier « Comment la Chine change le monde ».
Les quatre autres livraisons sont intitulées :
1. La Chine ouvre les portes. Cliquez sur : http://www.infochina.be/fr/node/342
2. Développement : enfin, l’Afrique noire ? Cliquez sur : http://www.infochina.be/fr/node/343
4. L’Asie de l’Est, ancien habitat des États-Unis. Cliquez sur : http://www.infochina.be/fr/node/345
5. La montée du Sud. Cliquez sur : http://www.infochina.be/fr/node/346
Si vous préférez le texte global en un seul fichier, cliquez ici : http://www.infochina.be/fr/node/347
Sources de cette partie (dans l’ordre d’uitlisation) :
- « China and Latin America » (La Chine et l’Amérique latine), The Financial Times, 5 juillet 2009.
- Evan Ellis, « Strategic Implications of Chinese Aid and Investment in Latin America » (Implications stratégiques de l’aide et des investissements chinois en Amérique latine), China Brief, Volume 9, Issue 20, 7 octobre 2009.
- « Special report on China’s quest for resources » (Rapport spécial de la recherche de ressources de la Chine), The Economist, 15 mars 2008.
- Geoff Dyer, « Immense forex reserves are not a problem but an opportunity » (Les immenses réserves en devises de la Chine ne sont pas un problème mais une aubaine), The Financial Times, 20 octobre 2009.
- « South America nations found union » (Les nations de l’Amérique du Sud ont fondé une union), BBC, 23 mai 2008.
- « South American nations to seek common currency » (Les nations sud-américaines doivent se mettre en quête d’une monnaie commune), Xinhua, 26 mai 2008.
- Andrew G. Marshall, « Towards a Global Currency and World Government » (Vers une monnaie mondiale et un gouvernement planétaire), Global Research, 7 avril 2009.