Une politique de deux poids et deux mesures

Le fossé entre la ville et les campagnes ne cesse de croître malgré la rapide croissance économique, disent certains hommes politiques chinois.

L’énorme problème du fossé a été un important sujet de conversation au Comité national de la Conférence politique consultative du peuple (CPCC). C’est le plus haut organe de conseil du pays : des hommes politiques de toutes tendances y siègent. Le vice-Premier ministre Hui Lianyu y a pris la parole : « Le fossé ne cesse de s’élargir. C’est une menace pour le pays. » La rapport des revenus entre la ville et la campagne a augmenté, passant de 2,6 / 1 à la fin des années 90 à 3,3 / 1 l’an dernier. Le revenu moyen en ville était donc 3,3 fois plus élevé que le revenu moyen dans les campagnes.

Le vice-ministre Zhu Zhixin a dit que les campagnes régressaient en matière d’enseignement, de soins de santé et de culture : 80 pour cent des bâtiments scolaires en mauvais état sont des écoles rurales. 60 pour cent des hôpitaux des zones rurales ont besoin d’investissements pour leur rénovation et l’achat d’équipement comme les appareils à rayons X, par exemple. Des services essentiels, comme la distribution d’eau, l’énergie, les transports, sont bien moins développés dans le centre et l’ouest du pays que dans l’est, a ajouté Zhu. Plus de 250 millions d’habitants des campagnes n’ont pas d’eau potable chez eux, et deux millions de personnes n’y ont toujours pas d’électricité.

En outre, a encore déclaré Zhu, les autorités violent régulièrement les droits légaux et les intérêts des habitants des campagnes. « La confiscation de terres se passe parfois de façon arbitraire et sans indemnisation suffisante des paysans », a-t-il ajouté. Le vice-Premier ministre Hui Lianyu a dit aussi que la politique de deux poids et deux mesures au détriment de la population paysanne était une entrave au développement des campagnes : les citadins ont plus de droits et sont traités plus honnêtement que les gens des campagnes. Cela renvoie à la vieille conception prétendant que, de toute façon, les paysans peuvent mieux se prendre en charge eux-mêmes, puisque ce sont eux qui disposent de la nourriture. Cela n’est plus exact depuis longtemps, car la cherté de la vie a augmenté pour le paysan du fait qu’il doit payer davantage pour l’enseignement et les soins de santé. C’était l’inverse avec les précédentes générations.

C’est pour cette raison que le conseiller politique Jia Qinglin a expliqué lors de la conférence que le développement équilibré et simultané des villes et des campagnes était une priorité absolue. « Nous nous trouvons devant la tâche historique d’apporter l’équilibre entre villes et campagnes et d’intégrer le développement de concert des deux », a-t-il dit aux participants à la conférence. Jia est membre du Comité permanent du Bureau politique du Parti communiste et il fait partie de l’élite politique absolue du pays. Ses propos traduisent la volonté du Parti communiste d’apporter l’harmonie dans le développement économique et social du pays. D’importants moyens d’y arriver consistent à augmenter davantage les revenus dans les campagnes et à accroître l’efficacité de l’agriculture.

 

L’article ci-dessus est la traduction d’un article diffusé le 2 septembre 2008 par l’agence de presse Xinhua.