De janvier à mars 2009 y compris, la croissance de l’économie chinoise a été de 6,1 pour cent, soit 9 pour cent de plus qu’en Europe occidentale et aux États-Unis. C’est également un peu plus que l’objectif proposé par le gouvernement chinois.
Durant le premier trimestre de cette année, le produit intérieur brut – ce que le pays produit en marchandises et en services – s’élevait à 6.574 milliards de yuan. Par rapport au premier trimestre de l’an dernier, il s’agit d’une hausse de 6,1 pour cent. L’agriculture a crû de 3,5 pour cent, l’industrie de 5,3 pour cent et le secteur des services de 7,4 pour cent.
C’est surtout la croissance de l’industrie en mars qui rassure. En janvier et février, la croissance industrielle était de 3,8 pour cent mais, en mars, elle est passée à 8,1 pour cent. Les maillons faibles, ici, sont les entreprises des investisseurs étrangers. Au cours du premier trimestre, leur croissance a baissé de 1,4 pour cent par rapport au premier trimestre de 2008.
Un élément positif réside dans la répartition géographique de la croissance industrielle. Voici 30 ans, l’économie chinoise a entamé son grand bond en avant sur la côte est. Quatorze centres y avaient été choisis comme pôles de croissance. L’attention et les efforts s’y concentrèrent surtout dans l’intention, lors d’une phase ultérieure, d’entraîner tout l’intérieur du pays dans un mouvement similaire. Cette politique économique est l’une des causes de l’existence de grandes différences dans le développement économique et social entre l’est, le centre et l’ouest du pays. Le gouvernement essaie de rectifier cette situation. On peut le voir aujourd’hui, entre autres, dans les chiffres du premier trimestre : dans l’est, la croissance de la production industrielle était de 3,7 pour cent. Mais, dans le centre et dans l’ouest de la Chine, la croissance a été respectivement de 5,2 et 11,8 pour cent.
Le moteur le plus fort de la croissance économique, ce sont les investissements. Au premier trimestre, ils ont augmenté de 28,8 pour cent par rapport au premier trimestre de l’an dernier. Au premier trimestre de 2008 – une année record sur le plan de la croissance économique – la hausse par rapport au premier trimestre de 2007 avait été de 24,6 pour cent « seulement ». Ici aussi, on perçoit des différences géographiques analogues. Dans l’est, les investissements ont augmenté de 19,8 pour cent. Dans le centre et dans l’ouest, ils ont augmenté respectivement de 34,3 et 46,1 pour cent.
Les revenus des habitants ont augmenté à un rythme plus rapide que celui de l’économie. C’est dû à la mise en place progressive de la sécurité sociale, des réductions d’impôts, de la croissance de la population laborieuse, des montants accrus des subsides aux paysans, des prix plus élevés que le gouvernement offre aux paysans pour les céréales. Au cours du premier trimestre, le revenu disponible en ville a augmenté, passant à une moyenne de 4.834 yuan par personne. Soit une hausse de 10,2 pour cent. Dans les campagnes, ce revenu est passé à 1.622 yuan, une hausse de 8,6 pour cent. Si l’on tient compte de l’évolution des prix – qui a été négative, au cours du premier trimestre –, on obtient le résultat suivant : dans les villes et pour les trois premiers mois de cette année, le revenu réellement disponible par personne a augmenté de 11,2 pour cent dans les villes et de 9,6 pour cent dans les campagnes et ce, chaque fois, par rapport aux revenus réels du premier trimestre de 2008. Le fossé des revenus entre les campagnes et les villes est de 1 à 3. Tant dans les campagnes que dans les villes, les revenus augmentent rapidement, mais ils augmentent plus vite dans les villes. Ici, le gouvernement a donc encore pas mal de pain sur la planche.
L’augmentation du revenu et la mise en place de la sécurité sociale se sont traduites par une consommation plus importante. À l’instar des investissements, ce second moteur de l’économie gagne en force en permanence. Durant le premier trimestre, la vente au détail dans les magasins a augmenté de 16 pour cent (compte tenu de la baisse des prix à la consommation). L’an dernier, l’augmentation avait été de 12 pour cent.
Par contre, le troisième moteur de l’économie, les exportations, a des ratés, et assez marqués, encore. Durant le premier trimestre, la Chine a exporté 19,7 pour cent de moins qu’au cours du premier trimestre de l’an dernier.
De même, les investissements étrangers ont fortement baissé. Mais, ici, un rétablissement est toutefois possible. En mars, ces investissements ont été de 8,4 milliards de dollars. Soit 9,5 pour cent de moins que l’an dernier en mars. En janvier, la baisse était de 33 pour cent et, en février, de 16 pour cent. La baisse connaît donc un ralentissement. La confiance des investisseurs étrangers s’accroît du fait que l’économie chinoise engrange de meilleurs résultats que n’importe quelle grande économie dans le monde.
Aussi la reprise est-elle plus rapide et plus profonde que ce qu’avaient prévu pas mal de bureaux d’étude occidentaux. Certains avaient même prétendu que la croissance ne serait que de 2 pour cent. Mais, aujourd’hui, UBS, la plus grosse banque suisse, l’affirme : « La croissance de 6,1 pour cent du premier trimestre n’est qu’un début. Elle sera encore sensiblement plus forte lors du second trimestre. »
L’article ci-dessus a été rédigé par Peter Franssen, rédacteur de www.infochina.be, le 16 avril 2009.
Sources : Communiqués du Bureau national de la statistique ; Terence Poon et Andrew Batson, « China's Growth at Slowest in Almost Two Decades » (La croissance chinoise connaît son tempo le plus lent depuis presque deux décennies), Wall Street Journal, 16 avril 2009.