A l’avenir, les proches parents et maîtresses des fonctionnaires corrompus risquent de lourdes peines d’emprisonnement, stipule une nouvelle loi.
La corruption est un problème plurimillénaire, en Chine. Sous la féodalité, toute une armée de fonctionnaires dirigeait la totalité de l’appareil d’État au nom de l’empereur. La Chine a connu une forme asiatique de féodalisme : l’empereur était le suzerain suprême et ne tolérait pour ainsi aucune concurrence de la noblesse. Il déléguait son pouvoir à l’appareil des fonctionnaires. Sous un tel régime, la corruption était plutôt la règle que l’exception.
Voilà 60 ans que l’État lutte contre cette plaie. Ces dernières années, le Parti communiste est passé à la vitesse supérieure. C’est dans ce cadre qu’une nouvelle loi a été promulguée. Les conjoints, enfants et maîtresses des fonctionnaires véreux risquent 7 années d’emprisonnement s’ils abusent de leurs relations pour s’enrichir. Le projet de loi a été présenté au Parlement pour une première lecture le 25 août 2008. La loi prévoit également des sanctions à l’encontre des fonctionnaires qui sont déjà retraités et qui abusent de leurs relations pour percevoir des pots-de-vin. De lourdes peines – jusqu’à 10 ans d’emprisonnement – sont également prévues pour les fonctionnaires qui ne peuvent prouver l’origine de leur argent ou leurs biens actuels.
Fidèles en ce sens à la tradition chinoise, les fonctionnaires corrompus entretiennent souvent une ou plusieurs maîtresses. La plupart des hauts fonctionnaires qui ont été traînés en justice ces dernières années avaient au moins une relation extraconjugale. Dans la plupart des cas, les maîtresses profitaient de la position de pouvoir de leur amant pour s’enrichir elles aussi. Jusqu’à présent, aucune loi spécifique ne prévoyait de sanctionner ces personnes.
Les sanctions des fonctionnaires corrompus ont été lourdement accrues elles aussi. Pour des actes de corruption grave, ils risquent désormais d’encourir entre 20 et 30 ans de prison, au lieu des 15 années prévues jusqu’à présent. Ils peuvent également être condamnés à mort. Accepter un pot-de-vin de 10.000 euros pourra désormais rapporter gros : 10 ans de prison.
Source : China Daily, 26 août 2008.