La vie n’est pas si chouette, estiment les jeunes de Shanghai. Nous devons travailler trop dur à l’école et les parents nous soumettent à trop de pressions.
Sur une échelle allant de 0 à 5, la moyenne du « bonheur » se situe à 3,35. C’est ce que révèle une enquête de la Ligue de la Jeunesse communiste de Shanghai. La Ligue a interrogé 10.355 jeunes de l’enseignement primaire et moyen. À la fin de l’école primaire, le score est de 3,4. Deux années scolaires plus haut, il est descendu à 3,1. Plus on va à l’école, moins on est heureux, semble-t-il donc.
« La principale raison, c’est qu’ils ont trop de devoirs à domicile et trop de cours complémentaires », déclare Yang Jiangding, du Centre de recherche sur les enfants, de Shanghai. À peu près 40 pour cent des jeunes interrogés disent qu’ils ne sont pas heureux parce que l’école les surcharge de travaux. Vingt pour cent se sentent malheureux parce que leurs parents attendent trop d’eux. Bien des jeunes disent qu’ils désirent faire de leur mieux en classe mais qu’ils veulent avoir plus de loisirs aussi et être un peu plus aimés de leurs parents.
Hu Tian'en est en quatrième année primaire. Il se donne un 4 sur l’échelle et il se sent donc relativement heureux. Mais il dit également qu’il n’a pas beaucoup de temps libre après ses heures de cours. « J’aimerais bien faire du sport, mais tous les lundis et vendredis, j’ai des cours d’anglais complémentaires. Et tous les mardis et jeudis, des cours complémentaires d’informatique. Et pour beaucoup de mes condisciples, c’est encore plus lourd. Chaque jour, ils ont des cours complémentaires de chinois, de mathématiques, d’anglais et de musique. Je m’en tire encore plutôt bien. »
Zhou Wenju est la maman de Tian'en. Elle et son mari veulent que leur fils fasse de son mieux et ils le mettent donc sous pression en ce sens. « Les cours complémentaires en semaine sont nécessaires afin de pouvoir s’inscrire plus tard dans une grande université. C’est ainsi qu’est la société d’aujourd’hui, une fois pour toutes. Nous ne pouvons rien y changer, nous devons nous y adapter » ; estime la maman.
Zhou Jinyan, professeur de chimie, déclare : « Quand j’allais à l’école, j’étais plus heureux que les enfants d’aujourd’hui. Je ne voudrais vraiment pas changer… »
Source : China Daily, 28 août 2008.