Le président Luc Cortebeeck de la CSC à propos de la douce revanche de Wen Jiabao

À Davos, en Suisse, se tient pour l’instant le Forum économique mondial. Hommes politiques, économistes et chefs d’entreprises des quatre coins du monde tentent de trouver une issue à la crise financière et économique. Luc Cortebeeck, le président de la CSC, est sur place lui aussi. Il y tient un journal pour le quotidien De Standaard. On peut y lire ce qui suit à propos du discours prononcé lors du Forum par le Premier ministre chinois Wen Jiabao.

« Nul besoin d’analyses, ici, mais comment agir, contre cette crise ? Viennent ensuite et surtout bien des propos se voulant philosophiques. Mais personne ne sait vraiment comment s’y prendre. Les banques n’ont pour ainsi dire plus voix au chapitre, cette fois. L’an dernier, les CEO de Lehman Brothers et Merrill Lynch avaient encore le verbe haut mais, aujourd’hui, ils ont disparu. Les CEO de l’industrie restent très prudents et les gouvernements restent aussi sur leur quant-à-soi après le sauvetage des banques et les plans de relance. Les institutions internationales en remettent bien un peu mais, pour le reste, elles se regardent entre elles. Donc, bien des choses doivent encore arriver.
Le Premier ministre chinois, au moins, a été clair et net. Avec un beau sourire, Wen Djibao a fait allusion en passant aux causes de la crise et au continent où elle a été provoquée, sans faire trop de reproches, toutefois, mais… au cas où nous l’aurions déjà oublié…
La Chine se rend très bien compte qu’elle va jouer un rôle crucial. Qui oserait encore parler du péril jaune ? Je pense au contraire que la Chine va devenir le moteur de la relance économique dans le monde. Wen Jiabao : ‘Je sais bien qu’on spécule volontiers autour de notre croissance de 2009, mais nous sommes en route pour 8 pour cent. Il va falloir travailler dur, mais ça marchera.’ En tout cas, il a pu présenter un plan précis, en cinq points :
- Un montant gigantesque sera libéré pour des initiatives comme la construction de lignes ferroviaires et de logements, y compris dans les régions rurales, ou encore pour la reconstruction des régions touchées par les tremblements de terre, ou pour l’aide aux PME.
- Les banques seront pourvues de liquidités, de sorte qu’elles pourront prêter aux entreprises.
- L’industrie sera modernisée afin de répondre aux impératifs écologiques.
- Les sciences, l’enseignement, la formation et l’innovation passeront au tout premier plan.
- Et, croyez-le ou pas, la Chine va mettre sur pied un système à part entière de sécurité sociale, avec pensions, indemnités de chômage et assurance maladie. Ce n’est qu’alors que les travailleurs oseront enfin dépenser de l’argent, puisqu’ils ne devront plus épargner eux-mêmes pour leur sécurité sociale.
Par contre, les hautes instances chinoises ne sont pas encore suffisamment partisanes de la liberté d’organisation et des syndicats libres. Le système continue à être pensé du haut vers le bas. Cela aussi va devoir changer, mais ils ont toutefois un plan de relance très clair. ‘Nous devons encore traverser une partie de l’hiver, mais le printemps est en vue’, a conclu Jiabao. Et c’est avec son sourire typiquement chinois qu’il a fait la leçon au reste de la planète. »

Les lignes ci-dessus sont de la plume du président de la CSC, Luc Cortebeeck, et elles ont été publiées dans De Standaard, le 30 janvier 2009.