Entre 2001 et 2007, l’aide chinoise en Afrique pour la construction de routes, de chemins de fer, de réseaux d’électricité est passée de 1 à 7 milliards de dollars par an. Cela peut signifier une percée dans le développement de l’Afrique noire, écrit la Banque mondiale dans un rapport détaillé.
Une personne sur quatre seulement, en Afrique noire, a accès à l’électricité (par Afrique noire, nous entendons l’Afrique subsaharienne). Les transports par les routes et les voies ferrées dans un état lamentable y requièrent trois fois plus de temps qu’en Asie. Le transport par route y est entre trois et quatre fois plus onéreux qu’aux États-Unis. De même, l’électricité y est beaucoup plus chère en raison des coupures fréquentes et des coûts plus élevés de la production de courant. À tout moment, il y a des coupures d’électricité, ce qui est tout bonnement désastreux pour la productivité. Dans de telles circonstances, peu d’investisseurs internationaux sont attirés par l’Afrique noire, même si les coûts en main-d’œuvre y sont très bas. L’absence d’infrastructures valables constitue un obstacle important au développement de cette région. Toute aide est la bienvenue. Le tableau ci-dessous indique l’évolution de l’aide financière chinoise dans la mise sur pied des infrastructures :
Tableau 1 : Projets d’infrastructure financés par la Chine en Afrique noire
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2003 |
2004 |
2005 |
2006 |
2007 |
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Montant (milliards de $) |
0,6 |
1,3 |
1,7 |
7,0 |
4,5 |
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Nombre de projets |
12 |
19 |
24 |
29 |
28 |
La plupart de ces projets sont d’une ampleur « limitée ». La moitié d’entre eux coûtent moins de 50 millions de dollars. Moins de 10 pour cent coûtent plus de 1 milliard de dollars.
Le top-10 des sociétés chinoises impliquées dans ces projets est constitué uniquement d’entreprises d’État. La première est la China Civil Engineering Construction Company qui, dans la période 2001-2007, a conclu pour 2,5 milliards de dollars de contrats. La société est active dans les infrastructures des transports. La seconde est le China Hydraulic and Hydroelectric Construction Group. Elle a conclu pour 2,2 milliards de dollars de contrats et est active dans le secteur de l’électricité. La troisième est Zhong Xing Telecommunication Equipment. Elle a conclu des contrats pour 2,1 milliards de dollars et travaille dans le secteur des télécommunications. Les trois secteurs susnommés s’octroient la part du lion dans les projets d’infrastructures : électricité (33 pour cent), transports (33 pour cent, surtout par chemin de fer) et télécommunications (17 pour cent).
35 pays de l’Afrique noire bénéficient de l’aide chinoise. Pourtant, les efforts chinois sont surtout concentrés sur quatre pays : le Nigeria, l’Angola, l’Éthiopie et le Soudan.
Tableau 2 : Part des différents pays dans les projets financés par la Chine en Afrique noire, durant la période 2001-2007
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Pays |
Part |
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Nigeria |
34 % |
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Angola |
20 % |
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Éthiopie |
10 % |
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Soudan |
8 % |
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Autres pays |
28% |
La Chine est le numéro un mondial sur le plan de la construction, de la pose de routes et de voies ferrées, ainsi que de la mise en place de réseaux d’électricité. Cela vient du fait que la Chine elle-même est occupée à faire un impressionnant bond infrastructurel vers l’avant. Ces dix dernières années, le secteur chinois de la construction a connu une croissance de 20 pour cent par an en moyenne. Peu d’autres entreprises ont l’expérience des plus grandes entreprises chinoises de construction. D’où il s’ensuit que la Chine rafle quasiment un tiers de tous les contrats en Afrique noire.
Tableau 3 : Qui a remporté les contrats d’infrastructure en Afrique noire durant la période 2001-2007 ?
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Pays |
Part des contrats |
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Chine |
31 % |
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France |
14 % |
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Inde |
5 % |
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Espagne |
4 % |
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Malaisie |
4 % |
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États-Unis |
3 % |
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Belgique |
3 % |
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Tanzanie |
3 % |
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Allemagne |
1 % |
Certains prétendent que la Chine contribue à la mise en place des infrastructures africaines parce que le pays compte ainsi remporter des contrats pétroliers. La Banque mondiale écrit toutefois que, dans 7 pour cent des contrats de construction seulement, il y a un lien avec l’exploitation du pétrole. Il ne faut d’ailleurs pas oublier, ajoute la BM, que, ces cinq dernières années, 40 pour cent du pétrole africain est allé aux États-Unis, 17 pour cent en Europe et 14 pour cent seulement en Chine.
La Chine considère son aide financière au développement comme une forme de solidarité Sud-Sud, écrit la BM. Mais aussi comme une collaboration économique Sud-Sud reposant sur le principe de l’utilité et de l’avantage mutuels.
La BM conclut : « La croissance de l’aide chinoise est un encouragement pour la région et elle peut faire la différence. Dans le secteur de l’électricité, six centrales sont en construction, pour l’instant. Si on les considère sur le plan de la production, cela signifie que l’Afrique noire dispose de 30 pour cent de courant en plus. »
Vivien Foster, William Butterfield, Chuan Chen et Nataliya Pushak, « Building Bridges : China’s Growing Role as Infrastructure Financier for Africa » (Construire des ponts : le rôle croissant de la Chine en tant que financière des infrastructures de l’Afrique), Banque mondiale, juillet 2008, 97 pages. Vous pouvez lire ici le rapport complet :
http://siteresources.worldbank.org/INTAFRICA/Resources/Building_Bridges_...