Dans la ville de Shenzhen (sud-est), vivent 12 millions de migrants – des gens qui viennent des campagnes pour travailler dans l’industrie et dans le secteur des services. Shenzhen a mis en circulation une nouvelle autorisation de séjour. Un grand pas en avant pour les 140 millions de migrants internes que compte la Chine.
À partir du 1er août 2008, un nouveau permis de séjour est en vigueur afin de mettre ces personnes au même niveau que les habitants originels de la ville sur le plan de l’accès à l’enseignement, de la répartition de la sécurité sociale, du logement, etc. On s’attend à ce que 5 millions de migrants demandent cette nouvelle carte avant la fin de l’année. Pour la fin 2009, quelque 7 autres millions de migrants auront leur carte également. Tous les nouveaux venus auront eux aussi le droit, dès le jour de leur arrivée, de demander la nouvelle carte.
Le problème des migrants est né en raison du développement rapide de l’industrie et, plus tard, de celui des services. Le développement dans les villes est allé – et va – plus rapidement que des campagnes. C’est pourquoi bien des paysans s’en vont pour aller travailler dans les villes. Mais, en Chine, la migration interne est liée à un certain nombre de limitations et de règles. Ainsi, les migrants n’ont pas accès au marché du logement – officiellement, ils ne peuvent même pas louer d’appartement ou d’habitation. Ils ne peuvent non plus bénéficier de l’enseignement en ville, pas plus qu’ils ne reçoivent les subsides et les avantages fiscaux auxquels ont droit les citadins d’origine. Dans les villes, les migrants sont des citoyens de seconde zone.
C’est en partie une conséquence de la tradition, mais également de la volonté de tenir plus ou moins la migration sous contrôle. Dans ces mesures, le flux vers les villes aurait été encore bien plus impressionnant. Cela aurait créé une situation ingérable dans les villes. Ce n’est pas un hasard si la Chine, au contraire d’autres pays du tiers monde, n’a pas de bidonvilles dans ses villes ou à leur périphérie.
Mais il est quand même grand temps d’attaquer le problème des migrants. Il est vrai que ce nouveau permis de séjour ne leur confère pas encore tous les droits, mais il s’agit d’un important pas vers l’avant. Par exemple, contrairement aux citadins originels, ils n’auront pas droit à une indemnité de chômage. Mais leurs enfants peuvent désormais fréquenter les mêmes écoles, eux-mêmes reçoivent l’autorisation de louer une maison ou un appartement et ils reçoivent également les subsides au logement accordés par la municipalité. À l’exception de l’indemnité de chômage, ils se voient donc accorder l’accès au système de la sécurité sociale.
C’est Shenzhen qui, en Chine, présente la plus grande concentration de migrants. C’est aussi la première ville qui accorde une telle carte d’autorisation de séjour. On peut s’attendre à ce que d’autres villes fassent de même d’ici peu.
Source : Chen Hong, « Shenzhen's new residence system help migrant workers » (Shenzhen : le nouveau système de séjour au secours des travailleurs migrants), China Daily, 1er août 2008.